lundi 5 février 2018

Vous reprendrez bien un peu de Post-Britpop !


En octobre 2017, le groupe gallois Stereophonics sortait son dixième album intitulé Scream Above The Sounds, tout juste vingt ans après Word Gets Around. Quelle endurance ! Quelle constance ! Et depuis ce concert du 29 janvier aux Docks, je peux ajouter : quelle prestance !

Splendeurs et misères d’un courant musical

Pour les utilisateurs de déodorant et de shampoing, les années 90 n’étaient pas celles du grunge, mais de la Britpop. Aucun des groupes emblématiques de cette mouvance n'en est vraiment revenu. Certains ont évolué pour le pire (Blur avec son horrible The Magic Whip), d’autres se sont séparés pour le meilleur (The Stones Roses et The La’s avec leur unique tube d'ouverture d'une décennie). Tous ces musiciens d’outre-Manche aux chansons à la fois mélodieuses et effrontément rock incarnaient une sorte de dernière aventure avant l’arrivée des groupes MySpace et du chamboulement de l’industrie du disque par Internet.
Oasis, tête de gondole du mouvement, a quitté la Britpop et les hymnes à stade dès l’aube des années 2000. Tournés légèrement vers le psychédélique, les albums de la période post-Bonehead (« l’âme d’Oasis », d’après Noel dans le documentaire Supersonic) ne sont pas à la hauteur de Morning Glory et Definitely Maybe, et encore moins à celle de ces années bénies de revival rock. Heureusement que la brouille fraternelle a arrêté le massacre.

La résistance de Galles

Or au milieu de ce champ de bataille parsemé de cadavres réchauffés en vain à coups de pathétiques reformations, des irréductibles Gallois se sont levés et se tiennent encore debout aujourd'hui. Avec d'autres groupes parfois très différents, comme Radiohead, ils sont ainsi catalogués artistes "Post-Britpop" du fait de leur explosion successive à la mort du célèbre courant musical des années 90. Depuis leurs débuts, les Stererophonics n’ont cessé de s’améliorer. Leur endurance n’est pas sans mérite puisqu’ils ont dû se séparer dès 2003 de Stuart Cable, batteur et membre fondateur du groupe qui décèdera finalement en 2010 dans de sordides conditions.

Chaque album s’est hissé parmi les meilleures ventes du Royaume-Uni grâce à des  locomotives aussi délicieuses qu’efficaces. Voici ma sélection des meilleurs singles par opus :

Word Gets Around, 1997 – Traffic

Performance and Cocktails, 1999 – The Bartender and the Thief (avec en prime le bob so 90’s)

Just Enough Education to Perform, 2001 – Have a Nice Day

You Gotta Go There to Come Back, 2003 – Maybe Tomorrow

Language. Sex. Violence. Other?, 2005 – Dakota

Pull the Pin, 2007 – Aucune, l’album ne m’a pas emballée.

Keep Calm and Carry On, 2009 – Could You Be The One (sans conviction)

Graffiti On The Train, 2013 – Indian Summer et Graffiti On The Train

Keep the Village Alive, 2015 – I Wanna Get Lost with You (oublier l’horrible single C’est la Vie)

Scream Above The Sounds, 2017 – All in One Night, Caught by the Wind, Geronimo


Regardez-moi ces dates. Quand je vous parlais d’endurance et de constance !



Concert aux Docks, Hambourg – 29.01.2018

En ce lundi soir plutôt venteux – comme un hiver hambourgeois – me voilà donc partie rejoindre quelques copines pour ce concert. Mon enthousiasme, largement stimulé par des semaines de revue de la carrière stéréophonienne via Spotify, était à son comble en arrivant aux Docks. Bonne nouvelle : la salle, dont j’ai à peine fait la connaissance à l’occasion du Reeperbahn Festival 2017, possède une excellente acoustique et dispense même le spectateur du premier étage de bouchons d’oreille.

À peine le temps de profiter d’une ballade d'Alex Francis en première partie – les gens comme moi sont naturellement, intrinsèquement et systématiquement en retard – et d’échanger quelques mots avec les filles que la deuxième bonne nouvelle arrive.

Elle s’appelle Stereophonics et plus précisément Kelly Jones. D’ailleurs pourquoi tous les Gallois célèbres s’appellent-ils Jones ? Bref. Passons. La plus belle voix masculine du rock n’est pas seulement meilleure en 2017 qu’en 1997, mais elle a aussi l’outrecuidance d’être encore plus puissante et addictive en live qu’en version studio. Les tubes s’enchaînent sans blabla car ils se suffisent à eux-mêmes. Des mélodies parfois dansantes, parfois douces, mais toujours entêtantes. Toujours ces hymnes à stade qui nous donnent l'occasion à nous, public, de nous époumoner. Toujours ces fredonnements légers qui vous volent un sourire aux lèvres, des « pam pam padam pam pam pam pam » de Have a Nice Day au refrain romantique de Traffic hurlé par le groupe de bourrins Gallois à côté de nous. Tiens. Eux. Parlons-en. Fiers de leurs petits champions, ils n’ont fait que hurler des mini-chants de ralliement entre les chansons et pintes de bière. Prenant sans doute un concert de rock pour un match de rugby et devenant – comme d’habitude - de plus en plus sentimentaux et « faggots » à mesure que l’alcool alimentait leur sang de mâles hétérosexuels, ils faisaient – de notre point de vue – presque autant partie du show que les Stereophonics eux-mêmes. Merci à eux. Vraiment.

Un concert inoubliable donc. Des musiciens canons - dans tous les sens du terme - qui m’ont fait découvrir un répertoire plus rock et moins pop que je ne l’imaginais à la seule écoute des albums. Un peu comme pour le concert des Cure, en moins émo toutefois, le temps s’est suspendu pendant ces deux heures de pur kiff. J’écris ces lignes une semaine après cette soirée magique et ma mémoire ne fait état d’aucun moment d’ennui individuel ou de retombée d’ambiance générale dans la salle. Au contraire, et j’ai envie de terminer sur ce fait exceptionnel, les dernières chansons ont été jouées dans une sorte d’apothéose. Le public – moi y-compris – pourtant très chaud dès les premières notes semblait bouillir à la fin du concert. Pourquoi la foule chantait et dansait-elle plus fort ? Une émulation après tous ces bons morceaux ? L’envie de tout donner parce qu’on sent que la fin approche ? Impossible de savoir. Mais alors quand Dakota, l’une des meilleures chansons du groupe, a déboulé en rappel...


Conclusion

L’année concerts 2017 s’était achevée en beauté.

Les Stereophonics placent la barre très – très - haut pour 2018.

dimanche 28 janvier 2018

Roh la barbe !


La barbe du hipster, la barbe du feignant, la barbe du salafiste

Le salafiste se cache dans sa barbe pour se montrer islamiste

L’islamiste se montre sans barbe pour cacher qu’il est terroriste

Le terroriste se plonge dans la taqîya pour couler le capitaliste

Le capitaliste se radicalise pour détruire le djihadiste

Le djihadiste se ramène pour narguer le droits-de-l'hommiste

Le droits-de-l'hommiste se vante pour jouer à l’humaniste

L’humaniste se plante pour emprisonner l’intégriste

L’intégriste se pavane pour marabouter le récidiviste

Le récidiviste se rase pour cacher qu’il est terroriste

Le terroriste se ceinture pour buter le capitaliste

Le capitaliste se meurt pour avoir écouté l’islamo-gauchiste

Le gauchiste se marmonne dans sa barbe pour se convaincre d’être humaniste

L’humaniste se targue de nous barber pour se croire spécialiste

Le spécialiste se montre pour se persuader spécialiste du terroriste



Le terroriste se marre dans sa barbe pour tuer à nouveau
le hipster, le feignant et même le musulman

Roh la barbe ces bien-pensants !

mardi 23 janvier 2018

Quelques coups dans le nez


Épuisés par ce dimanche passé à faire le tour du Kosovo dans une Mercedes noire Classe A aux vitres teintées, nous nous sommes écroulés sur nos lits dès notre retour dans un joli appartement de Skopje loué pour l’occasion. Après deux heures de sommeil profond, j'ai été réveillée par John qui est rentré dans ma chambre sans frapper : « Lady, dinner’s ready », avec un grand sourire de majordome. Toutefois, John est le seul Anglais parmi mes connaissances qui se comporte comme un Américain. Je le trouve cool, sans doute parce que je suis une femme. Car il incarne tout ce que les autres hommes détestent : bien foutu, sympa, belle voiture, jolie petite amie, vie faite de voyages immortalisés par des photos de lui torse-nu dans des endroits paradisiaques et systématiquement publiées sur les réseaux sociaux. Et donc viscéralement, inévitablement, Nathan ne peut pas le voir. Nathan, c’est le sosie d’Élie Semoun. Gaulé comme un sandwich SNCF, il mise tout sur l’humour et l’esprit, ce qui ne l’empêche pas d’être fondamentalement convaincu de sa supériorité intellectuelle et sociale. Ne pas montrer ses tablettes de chocolat à tout bout de champ ne fait pas de vous un type bien, mais ça, Nathan l’ignore.

Encore groggy par ma longue sieste trop courte, je me suis levée et dirigée vers la douche car Nathan et John étaient encore en pleine préparation du dîner. Bien décidée à utiliser l’ensemble des quelques vêtements que j’avais pu faire rentrer dans mon unique bagage cabine - ultra restreint à cause de la politique de cette compagnie aérienne hongroise, j'ai enfilé machinalement ma robe en dentelle noire taille zéro au sortir de la douche. Lorsque je suis entrée dans le salon comme si de rien n’était, John n'a justement pas fait comme si de rien n’était et m'a sifflé amicalement pour signifier son appréciation virile de ma tenue. Pendant le repas, nous nous sommes montrés tous ravis à l’idée de passer cette soirée en boîte un dimanche soir. Mon amie Svetlana, sympathique et voluptueuse estonienne en couple avec John, n’avait guère plus de tissu que moi sur le dos. Comme d’habitude, elle semblait agacée par les moindres faits et gestes de son compagnon. La nuit précédant notre départ de l’aéroport de Munich, j’avais dû dormir dans leur studio parce que mon Florian, mon hôte habituel lors de mes passages à Munich et l’organisateur de ce long weekend dans les Balkans, était trop occupé à se taper une amie de Brême – ma ville de résidence - que je lui avais présentée quelques semaines auparavant. Ma bonté me perdra. Quant à cette nuit passée à tenir la chandelle : l’horreur. Svetlana a été aussi insupportable avec son mec que sympathique avec moi, ce qui m'a retenu de prendre la défense de John au petit-déjeuner. Et « mets pas la valise sur le lit ! C’est là où on dort », et « Pourquoi t’ouvres une nouvelle boîte de gâteau ?! On en a déjà une d’entamée ! ». Quelle chieuse ! Un garçon aussi charmant...Bref.

Prêts à partir pour la soirée, j'ai découvert que Nathan avait vraiment des goûts vestimentaires douteux. Comme Svetlana le lui avait fait remarquer à son arrivée à l’aéroport, sa veste en cuir d’un marron qui ne pouvait venir que de l’URSS lui donnait une allure de mafieux russe. Curieusement, ma petite vanne sur le pas de la porte, « Ah non ! Hors de question que je marche à côté d’un mec avec un blouson pareil », l'a fait rire. Il est sympa ce Nathan, surtout avec les blondes de vingt ans de moins que lui. Après quelques dizaines de minutes de marche dans le doux hiver de Skopje, nous sommes arrivés devant la discothèque où les amies autochtones de Florian et Moritz, l’autre Autrichien de la bande, avaient réservé le carré VIP. Même si ces deux sœurs jumelles étaient très avenantes et sympathiques, je n'ai pas pu m'empêcher de dire intérieurement à la vue de ces caricatures de filles de l’Est. Maquillées comme des camions volés, elles avaient vraiment la panoplie complète de la « pute » slave dans l’imaginaire collectif des Européens de l’Ouest : faux-cils, talons de plus de dix centimètres, robe ultra courte, ultra moulante, tortillage du cul permanent et intérêt assumé pour l’argent. Lorsque l’une des deux a fait connaissance avec Nathan, elle a répondu spontanément à l’annonce du métier de celui-ci :
       « Ah ! Ça me plait ! 
 - Ben pourquoi ?
 - Parce que ça gagne bien. »


En ce dimanche soir, à l’heure où les rues, bars et autres lieux de divertissement d’Allemagne, de France ou même de Navarre sont généralement déserts, cette boîte était pleine à craquer. La soirée s'est rapidement sur-alcoolisée pour tout le monde, à l’exception d’un Français à lunettes qui est resté quelques heures seulement et dont j’ignore le prénom tant il était insipide. Moritz, le plus dragueur de tous, s'est montré naturellement porté sur les jumelles jusqu’à ce que Svetlana se charge de son cas. Vodka après vodka, la jeune femme a sérieusement chauffé le joyeux Moritz, frais comme un gardon. Le champ était libre pour elle : John, après nous avoir gratifié d’un bref éloge de mes sous-vêtements aperçus alors que j’étais allongée sur le canapé, puis d’une anecdote passionnante,  « I missed my flight once, but I had a good excuse. I was fucking my girlfriend for too long », avait déjà filé à l’anglaise depuis longtemps. Déchirée et visiblement déboussolée, Svetlana a alors mis le grappin sur Lucasz, un Polonais relativement hideux et particulièrement soporifique qui faisait également partie de la bande. Assise à califourchon sur lui, elle a commencé à se dandiner comme une mauvaise strip-teaseuse. Sa tête et tout le haut de son corps a vacillé comme hors de contrôle, et ce qui devait arriver est arrivé.

Les fauteuils du carré VIP de cette discothèque haut de gamme étaient en bois massif et le nez de Svetlana s'est écrasé violemment contre les moulures supérieures. Sans doute insensible à la douleur, elle a porté la main à son nez pour vérifier s’il saignait et Lucasz m'a regardé d’un air désespéré, comme si un homme ne pouvait se porter secours alors même qu’il n’était pas étranger à un incident. Malheureusement pour lui, j’ai beau être une femme, je partage avec le sexe fort la peur du sang. Sauvée de l’évanouissement par l’obscurité qui m’empêchait de voir le liquide redouté, je suis sortie malgré tout de la discothèque en catastrophe. Cette soirée était de toute façon bien trop folle pour moi et cela faisait déjà un moment que je ne m’amusais plus. Retenue par l’une des deux jumelles adorables qui ne voulait pas me laisser rentrer seule, je cherchais des yeux le premier taxi quand un autre Français insipide du groupe est apparu de nulle part, les mains en sang. Escorté par la troisième Française insipide du groupe, il était en proie à des chutes du Niagara nasales. Ils ont crié au videur « Why did you do that ? », mais n'ont récolté que des marmonnements prononcés dans la langue locale.  C'est là qu'une scène surréaliste devant la discothèque s'est offerte à moi. D’un côté, je voyais Svetlana en larmes dans les bras de notre fidèle ami Nathan. D’un autre, un petit groupe s’agitait : Moritz allait et venait sans savoir quoi faire, les deux Français essayaient toujours d’obtenir des explications auprès du Cerbère par le biais de la jumelle. Après quelques secondes de sidération, je me suis extirpée de cette macédoine de légumes bien trop riche en mayonnaise et j'ai sauté dans un taxi aux portes qui fermaient mal.

Une fois dans l’appartement, je pensais être définitivement sortie de cette hallucination trop réelle. Mais la mauvaise descente a continué. John est sorti de la douche avec une minuscule serviette autour de la taille et je l'ai informé de la situation. Il n’en avait concrètement rien à foutre.
        « Mais envoie lui un SMS !
      - Nan...Tu sais, Svetlana, c’est exactement mon type de femme, mais je sais pas ce qui cloche avec elle. On en a déjà parlé. Je lui ai dit que si elle voulait, elle pouvait aller voir ailleurs. Mais je sais pas ce qu’elle veut. Franchement, j’ai pas envie de lui envoyer un texto. Mais toi... » 
      À ce moment-là, sa serviette s'est mise à glisser à plusieurs reprises - comme par hasard - et il la rattrapait toujours au dernier moment. Me voyant tourner la tête à chaque fois, il a enchaîné : « C’est juste un corps masculin...Mais toi t’es une fille hyper sexy et t’en as pas conscience. Tu pourrais ramener n’importe qui dans ton lit. D’ailleurs, je suis surpris qu’il soit vide ce soir. » Je me suis bien gardée de l’informer que mon lit était même complètement vide la nuit dernière puisque j’étais dans celui de Moritz.

     Heureusement, le délire s’est arrêté au son de la sonnette couplé à des tambourinements hystériques contre la porte, et le rosbif s'est aussitôt retranché dans sa chambre. J'ai ouvert la porte et Nathan portait une Svetlana inconsciente, assisté dans sa besogne par Lucasz. Alors qu’ils étaient tous les deux assis sur le canapé et que Svetlana gisait au milieu, j'ai découvert à la lumière tamisée du salon des taches de sang et de vomi sur la fameuse veste de Nathan. Je ne savais pas si Svetlana était plongée dans un coma éthylique ou si elle dormait très profondément, mais quand Nathan a légèrement déboutonné le jean de mon amie, je lui ai immédiatement lancé un regard noir :
 « Tu fais quoi là ? 
             - C’est pour qu’elle respire. »
      Je n’avais jamais rencontré Nathan avant ce séjour et me suis excusée quelques semaines plus tard pour cette remarque. Car elle a par la suite constitué pour lui, dans un premier temps, un obstacle au début d’une belle et longue amitié entre nous.
     Rassurée à la vue de la jeune femme plongée dans un sommeil profond et paisible, je me suis inquiétée du sort du deuxième Français insipide. Lucasz était aux premières loges :
             « Je sais pas. Ils m’ont foutu dehors moi aussi. Et lui, ils l’ont frappé.
             -  Mais qu’est-ce que vous avez fait ?
             - Mais rien !
             - On frappe pas quelqu’un sans raison.
             -  Mais c’est le type le plus pacifique que je connais. Il a rien fait ! »
Bon. J'ai compris que je n’en saurai pas plus.

Le lendemain matin, tout était oublié. John a déboulé dans ma chambre, toujours sans frapper, avec une assiette de bacon à la main, « lady, breakfast’s ready ». Nathan a soudain éprouvé le besoin de prendre sa douche au mépris de notre retard et du taxi qui attendait en bas de l’immeuble. Dans la voiture, le Français insipide n'a rien dévoilé des causes de ses coups, mais gardait un bon souvenir de cette soirée malgré un nez sans doute cassé. Il y a des gens dont je ne comprendrai jamais le flegme – ou l’apathie – face aux aléas de la vie.

Après un vol marqué par de fortes turbulences dans un ciel suffisamment dégagé pour nous offrir le spectacle de la magnifique côte italienne, nous avons atterri à Memmingen, ravie pour ma part de pouvoir enfin dire adieu aux trois Français insipides ainsi qu'au Polonais hideux et soporifique. Dans la voiture en direction du centre-ville,  John et Svetlana semblaient réconciliés et apaisés. Décidément, les événements passés me sont progressivement apparus comme un simple cauchemar. Svetlana s'est contentée d’une brève allusion à cette nuit de folie pour décourager Florian, assis derrière elle, de lui caresser la tête en signe d’affection : « si j’étais toi, je ne ferais pas confiance à mes cheveux ».

John nous a déposés devant une station de métro et le trajet avec Florian a été encore plus silencieux. Je devais passer la nuit chez lui avant mon vol du lendemain pour Brême. Éreintés par le voyage et la nuit presque blanche, nous avons directement pris possession du canapé en arrivant chez Florian. C’est alors qu’une fenêtre de chat Facebook s'est ouverte. La gentille jumelle venait aux nouvelles. Oui nous avions fait bon voyage et espérions que sa sœur et elle allaient bien. Mais quand même, c’était maintenant ou jamais : « Demande-lui ce qu’il s’est passé hier ». La réponse de notre correspondante ne s'est pas faite attendre. « I asked my ex who works there. He told me the French kissed the Polish guy. We don’t do that here. »

dimanche 21 janvier 2018

Un 21 janvier


Je marchais à côté d’elle. Ses cheveux blonds si épais et soyeux, irréels, éclataient au soleil comme une perruque. Son tailleur bleu céruléen m’éblouissait de luxe et des talons de dix centimètres de haut affinaient un peu plus ses cannes. Elle souriait tout le temps et riait souvent. Un vrai délice de copine, cette brillante camionneuse provinciale cachée dans des tenues de Parisienne étriquée ! Son jeune mari ne me parlait pas, trop occupé qu’il était à diriger un pays indirigeable. Et puis cela tombait bien, car elle était plus funky. Nous nous moquions comme des gargoulettes de l’exercice du pouvoir, avec tous ces journalistes qui nous courraient après dans le parc. Et il y avait aussi ces gardes du corps, de sympathiques pots de colle. 

Peu à peu, j’ai délaissé Marie-Antoinette aux Tuileries, et me suis dirigée vers le Louvre avant de m’enfoncer dans la rue de Rivoli. Pourquoi était-elle déserte ? Aucune idée. Le soleil d’automne brillait dans un ciel à peine décoré de quelques nuages et mon léger blouson en cuir me tenait suffisamment chaud. Pas un groupe de Chinois. Personne. Avaient-ils sécurisé le quartier pour la sortie du couple royal ? Sans doute. En tout cas, Paris était touchante sans ses hordes d’habitants et de visiteurs qui la font vivre. Étrange de trouver une ville plus belle quand elle semble morte et ne s’offre rien qu’à soi. Ou normal. Après tout, l’Homme moderne est un touriste permanent et peu partageur qui hait les autres touristes...

Pourquoi s’est-il mis à pleuvoir sans même que le ciel n’ait eu le temps de s’assombrir ? Telle Lorenzo Lamas dans le générique du Rebelle, torse-nu sur sa bécane en plein soleil et vidant un bidon d’eau sur son visage, je n’étais même pas mouillée par la pluie. Mais bizarrement, elle me faisait plutôt mal, comme si elle agressait ma peau. Ou était-ce du vent ? Incompréhensible. Quelque chose me râpait l’épiderme alors que la pluie avait l’apparence d’un crachin breton tout doux. Heureusement, la confusion ne s’est pas éternisée. Elle a juste duré le temps que je revienne à Hambourg et ouvre les yeux pour tomber nez à langue avec la première, toujours fidèle au poste, à me souhaiter mon anniversaire.


J’ai officiellement une année supplémentaire à mon compteur et il y a 225 ans, on a exécuté ce pauvre Louis XVI. S’il avait su que plus de deux siècles plus tard, un gérant de start-up, pur produit de son époque, allait se prendre pour son ancêtre le roi soleil et se pavaner autour du Louvre avec sa cour, il aurait certainement perdu la tête !

lundi 15 janvier 2018

Au royaume de la mauvaise foi, les contre-sens et raccourcis sont rois


La meute est lâchée, elle a mis du temps à sortir du bois, mais ça n’était que pour mordre avec plus de vigueur. Les chantres autoproclamées de la liberté sexuelle à la sauce soixante-huitarde capturent le symbole fort du « manifeste des 343 » de 1971 en faveur du droit à l’avortement et, leur nombre réduit de deux tiers, publient un « manifeste des 100 » pour défendre la « liberté d’importuner ». S’il savait, ce pauvre castor serait déjà en train de ronger de rage le peu de bois qu’il reste de son cercueil décomposé par la nature. Rédigé par l’écrivaine Catherine Millet, célèbre pour avoir raconté sa vie sexuelle débridée par soumission à son mari, le texte fait froid dans le dos.

Ces personnalités ne défendent pas la liberté d’importuner – sous-entendu celle de draguer – mais veulent surtout exprimer leur refus de voir les femmes comme des victimes. Celles-ci ont le droit de considérer qu’un homme qui se frotte à elles dans le métro est l’expression d’une misère sexuelle et même un non-événement. Dans un élan empathique des plus touchants, Madame Millet a exprimé sur le plateau de Yann Barthès sa sincère compassion envers les frotteurs. Et les « victimes » ? Car au risque de décevoir ces femmes si fortes et exemplaires sur lesquelles nous devrions toutes prendre exemple, nous les pleurnichardes, une femme sur laquelle un homme se branle sans le consentement de celle-ci est une victime. Non, cela ne peut pas « être considéré comme un délit », c’est un délit. Et même si la loi est rarement appliquée dans le cadre d’agressions sexuelles, ces grandes dames n’ont pas à réécrire le droit. Ce n’est pas un non-événement, mais un bel et bien un événement, traumatisant qui plus est. Alors ces victimes ? Bah non ! Aucune compassion pour elles car elles n’en sont pas, et puis merde ! Qu’elles arrêtent de pleurnicher !

Facile à dire pour les 100, car heureusement pour elles, ces bourgeoises ne prennent pas le métro et sont de toute évidence bien trop âgées pour que les prédateurs sexuels, avides de chair fraîche et si possible adolescente, ne s’intéressent à elles. Mais dans leur jeunesse ? Au risque d’être directe et ultra-polémique, je pense que la société s’est depuis largement dégradée et que ces agresseurs sont en majorité des hommes non blancs. Rendons à César ce qui est à César et soyons intellectuellement honnêtes : Elisabeth Levy avait fait la même analyse. Je confirme, et le reportage choc d’Envoyé Spécial sur le harcèlement de rue le confirme également. Ce dernier phénomène n’est en aucun cas à mettre sur le même plan que les agressions sexuelles, mais dans les deux cas, les auteurs dans l’espace public ont selon moi le même profil.

Cela n’enlève rien au fait que les auteurs de violences physiques et sexuelles faites aux femmes ont toutes les couleurs de peau possibles et que DSK, Weinstein, Rozon et compagnie ne sont pas de pauvres descendants d’immigrés. Au contraire, puisque leurs agissements, et surtout la perpétuation dans le temps de ces derniers, s’expliquent par leur position générale de pouvoir et d’ascendant sur leurs victimes.

Parenthèse refermée, revenons-en à notre « manifeste des 100 ». L’immédiateté régnant dans notre époque ultra-médiatique n’a pas eu les conséquences habituelles dans l’affaire Weistein, à savoir on tape, on tape, et on oublie. Il y a eu #MeToo dans le monde et #BalanceTonPorc en France, soit une immense libération de la parole des femmes et une prise de conscience pour les hommes sincères et respectables qui ignoraient tout jusqu’ici. À peine la parole libérée, des voix se sont élevées contre l’horrible délation favorisée par #BalanceTonPorc, ne reculant devant rien, même pas devant un bon vieux point Godwin. Les pauvres prédateurs sexuels soupçonnés d’aujourd’hui seraient les juifs d’hier. Passons. Mais ces individus ont-ils au moins parcouru au hasard un échantillon de ces témoignages ? Évidemment que non, car s’ils l’avaient fait, ils se seraient aperçus qu’une infime minorité d’entre eux balançait effectivement des noms. Et quand bien même ? Parmi cette infime minorité, on peut imaginer qu’une minorité encore plus infime de femmes ait envie d’afficher des actes de l'ordre de l'intime, simplement « régler ses comptes ». Au royaume de l’immédiateté, pas le temps de s’informer, autant foncer en prenant des raccourcis, quitte à raconter n’importe quoi. Par ailleurs, l'argument consistant à dire qu'il y a des tribunaux pour juger de cela et qu'ils ne doivent être remplacés par le tribunal de Twitter est contestable dans la mesure où très peu de plaintes pour agressions sexuelles aboutissent. Autre critique des plus fines : #BalanceTonPorc, c’est pas élégant, c’est dégueulasse comme formule ! Moui. Bien plus écœurant que les agissements qu’elle dénonce...

Les erreurs d’interprétation et/ou de hiérarchisation des détracteurs de ce mouvement de libéralisation de la parole des femmes sont affligeantes de bêtise. Or ces signataires soi-disant intelligentes sont les premières représentantes de cette bêtise. Au royaume de l’immédiateté et de l’hystérie du moment, les contre-sens sont rois.

Mesdames veulent défendre la liberté de draguer, mais personne n’avait remis cette liberté en cause. J’irais même personnellement jusqu’à dire que les hommes ont un devoir de séduction envers les femmes qui leur plaisent. La séduction, la drague, se définissent par la recherche même du consentement. Et puisque ce mouvement de dénonciation portait sur les agressions et le harcèlement sexuels, il n’a par définition rien à voir avec la séduction, car les agissements mis en exergue se construisent dans la négation du consentement.
Un grand merci à ce pseudo-intellectuel de Yann Moix qui confirme ma thèse du raccourci en accompagnant le plus sérieusement du monde son compliment à Victoria Abril par un « On n’a plus le droit de dire ça à une femme parce que c’est devenu insultant, mais je vous trouve d’une immense beauté. Alors après on a les féministes contre soi quand on dit à une femme qu’elle est très belle. » Je pense qu’on peut attendre longtemps avant qu’il ne soit capable de citer un seul exemple de tels propos tenus par des féministes. Contre-sens absolu que d’associer la dénonciation des délits et crimes sexuels à la fin de la drague, voire du compliment pour les détracteurs les plus bêtes.

Mesdames veulent lutter contre le puritanisme ambiant, mais sachez que ce sont les comportements mêmes des prédateurs sexuels qui nous poussent à nous vêtir et à agir comme des nonnes. Plus ces derniers seront punis, plus nous nous sentirons suffisamment en sécurité et être enfin plus libérées. La brutalité des comportements sexuels masculins archaïques – droit de cuissage - est le contraire d’une sexualité libérée. Ces soixante-huitardes sont pourtant bien placées pour savoir que le féminisme – dans le sens de recherche de l’égalité entre les sexes - conduit inévitablement à une libération des mœurs dont les hommes ne sauraient bouder les bienfaits. Contre-sens absolu que d’associer la dénonciation des délits et crimes sexuels à la fin de la liberté sexuelle.

Mesdames ne veulent pas une « guerre des sexes ». Or comme cela a été démontré plus haut, on souhaite l’harmonie entre les sexes, et non une quelconque guerre entre eux. Le principe de tout ce bruit et de toute cette fureur était d’évoquer les abus de certaines brebis galeuses dans le troupeau d’un genre entier. Contre-sens absolu que d’associer dénonciation des délits et crimes sexuels à l’avènement d’une guerre des sexes fantasmée, d’autant plus que la guerre des sexes, c’est elles. Je m’explique : ces femmes dites fortes sont les mêmes qui vous pourrissent la vie à l’école et en entreprise parce qu’elles détestent et/ou jalousent les autres femmes et se placent systématiquement du côté des hommes, de TOUS les hommes. Pourquoi ? Parce qu’elles ne supportent pas les femmes dites faibles, victimes, souvent plus jeunes, et qui ne leur apportent rien. L’intérêt – économique ou de prestige – réside à leurs yeux du côté du pouvoir, quitte à singer les hommes – plus précisément l’idée de domination et de supériorité qu’elles s’en font – pour mieux cracher sur ces pleurnichardes. Le manichéisme des sexes, c’est elles ! Car les hommes ne sont pas tous d’horribles machos dominateurs – auxquels elles se soumettent avec plaisir - et les femmes ne se considèrent pas toutes comme des victimes.

Mais pourquoi attendre le moindre discernement de la part d’une tribune dont la figure de proue a jugé « immonde » « l’acharnement contre Harvey Weinstein », sans parler de la gamine violée par Polanski « qui ne faisait pas son âge » et « avait été amenée par sa mère » ? Les hommes à la fois respectables et gênés par tous ces emmerdements en ont bien profité pour sortir du bois eux-aussi, Pascal Praud et Olivier Marshall dénonçant les torrents de boue que s’est pris la grande Saint-Catherine sur les réseaux sociaux. La pauvre ! Ses deux Césars devraient l’autoriser à défendre un violeur, un pédophile et les frotteurs du métro sans que la vox populi ne s'en émeuve.

En conclusion, ces braves dames n’échappent pas malgré leur grand âge à la mauvaise foi déformatrice dans laquelle notre société ultra-informative se perd, au profit d’immenses raccourcis et contre-sens, au mépris d’analyses pertinentes et rigoureuses.

dimanche 14 janvier 2018

Les 3 habitudes qui ont transformé ma vie

Cet article participe à un carnaval d’articles inter-blogueurs ayant pour thème : « Les 3 habitudes qui ont transformé ma vie » organisé par Guillaume Blondel du blog S’épanouir au quotidien. En cliquant sur le lien suivant, vous pourrez découvrir d’autres articles répondant au thème les 3 habitudes qui ont transformé ma vie.




            1. Jouer de la guitare tous les jours


Je me suis toujours considérée comme quelqu’un souffrant d’un certain manque de discipline et d’un goût prononcé pour la procrastination. J’ai beau écrire régulièrement pour mon blog, il n’en reste pas moins que je n’avance pas dans mon véritable projet d’écriture : un roman.

Or je rééquilibre mon manque de persévérance dans ce domaine depuis que je me suis mise à la guitare il y a environ trois ans. Apprendre un instrument à l’âge adulte n’est pas chose aisée, surtout lorsqu’on n’en maîtrise aucun autre. Et comme si cela ne suffisait pas, j’ai choisi un instrument plutôt ingrat qui demande beaucoup plus de patience que le piano par exemple. Je me souviens du début, cela m’a pris des semaines – si ma mémoire est bonne – avant de pouvoir jouer correctement un accord de la et de ré. Je ne pouvais même pas jouer trop longtemps à cause des fameuses douleurs aux doigts. Puis, les callosités se sont formées et j’ai passé la première étape, la deuxième, la troisième, etc., de plus en plus rapidement.

La clef : jouer tous les jours !  Cela ne sert à rien de jouer un soir pendant des heures si vous ne touchez pas la gratte les jours suivants. Même pour quelques minutes, jouez tous les jours dans le but de faire travailler votre mémoire musculaire. La douleur, l’ennui, voire l’agacement mettront quelques mois avant de laisser place au plaisir de jouer, mais une fois celui-ci installé, vous prendrez même du plaisir à aborder un nouveau morceau ou de nouveaux accords. En effet, vous le maîtriserez plus rapidement car la vitesse de progression est exponentielle. Par ailleurs, votre interprétation d’un morceau inconnu est bien moins catastrophique après quelques années de pratique qu’au début de votre apprentissage !

Ma guitare me manque lorsque je pars en vacances pendant plusieurs semaines et je paie le prix fort au retour puisque je dois reformer mes callosités. Autre avantage de cette discipline quotidienne : tout comme le sport, elle vous vide la tête car vous devez vous concentrer uniquement sur ce que vous êtes en train de faire.


           2. Faire mes propres jus de fruits


C’est une habitude symbole d’une nouvelle hygiène de vie. Depuis mes années d’étudiante, j’ai longtemps été une adepte de la « junk food » et détesté cuisiner. Je préfère toujours consacrer du temps à la lecture ou à d’autres activités plutôt qu’à mijoter de bons – dans le meilleur des cas - petits plats, notamment parce que je vis seule et que je ne vais pas me transformer en fée du logis du jour au lendemain.

En revanche, j’ai appris à apprécier des plats simples à préparer, des salades, etc., le tout avec des produits frais du marché. Je ne saurais dire quand tout cela a commencé et ne me rappelle pas avoir eu le moindre déclic. Peut-être le fait de gagner en âge tout doucement, une envie de prendre son temps et d’avoir une meilleure hygiène de vie, donc de manger mieux. Aujourd’hui, je ne me souviens pas avoir mis les pieds dans un fast-food récemment, et même si je le fais encore, autant vous dire que manger des plats surgelés ne met pas mes papilles en émoi.

Alors oui, je prépare mes propres jus de fruits car je décide moi-même de la quantité de sucre à ajouter pour qu’ils soient buvables et surtout parce que, encore une fois, c’est meilleur. Ça a bien plus le goût d’orange ou de pamplemousse qu’un jus de supermarché, pardi ! Petite astuce de quantité : 3 oranges et 1 citron  - mon jus quasi-exclusif - ou 2 pamplemousses et 1 orange.


              3. Ne plus regarder de bêtises à la télé ou sur le Web


L’envie – le besoin ? – de se divertir et de se détendre n’est pas une excuse. Comme l’a honteusement avoué Patrick le Lay, alors directeur des programmes de TF1 il y a une quinzaine d’années, les programmes ouvertement débiles qui passent en soirée à la télévision ont pour but de « vendre du temps de cerveau humain disponible aux annonceurs ». Tout est dit et je n’ai pas envie de prendre un ton moralisateur – oups, trop tard - pour analyser cette phrase car si vous passez dans le coin, c’est que vous avez un minimum de curiosité et d’esprit critique.

Mais au-delà de l’effet d’abrutissement de ces programmes, il y a le simple facteur temps. Le temps passé devant la boîte à troubadours hypnotisante, c’est du temps perdu, des heures pendant lesquelles vous auriez pu lire un bon roman, un bon essai, boire un verre avec vos amis ou que sais-je encore. Une fois de plus, je n’ai eu aucun déclic. J’ai toujours lu ET regardé des programmes totalement débiles à la télé (pas en même temps, cela va sans dire !), mais j’ai progressivement rayé la deuxième option au profit de la première. Je n’ai jamais inscrit au milieu de quelconques résolutions annuelles ou d'objectifs « ne plus regarder bla bla bla ». L’arrêt – le sevrage ? – est venu naturellement.


Quant au Web, et bien c’est encore pire ! J’ai passé des après-midi entiers perdue dans les recoins les plus obscurs de YouTube, à regarder des « Tellement Vrai : je suis amoureux de moi-même ». Je souffrais également – et je ne suis pas complètement guérie – d’une légère dépendance vis-à-vis de Twitter, car on peut dire ce qu’on veut, mais on s’y marre bien. J’ai toutefois bien levé le pouce du smartphone et je peux vous dire que j’emploie mon temps libre à des activités intellectuellement et humainement enrichissantes. J’ai lu plus de livres en 2017 qu’en 2016, j’ai écrit plus d’articles pour mon blog et j’ai rencontré plus de gens, notamment parce que j’ai dû me débarrasser de mes amis pourris, mais ça c’est une autre histoire J

samedi 13 janvier 2018

Millenial's song
















Non ! Je ne quitterai pas ce lit
Bien sûr, je vais me redresser
Caresser mes sacrés de Birmanie
Et vaguement travailler

Mais quoi ?
Pourquoi courir comme les autres ?
Ma vie n'est pas la votre
Je suis le seul maître de mon toit !

Je me lèverai pour l'élémentaire
Les joyeuses tâches ménagères
Et me recoucherai aussitôt
Pour me perdre dans des vidéos

Mais quoi ?
Pourquoi franchir le pas de la porte
Voir ma vieille voisine en culotte T-shirt
Et rentrer pétri d'effroi ?

Je ne devrais pas m'infliger tant d'horreur
Le monde est trop cruel
Il exige une retraite perpétuelle
Ou le temps que ce souvenir se meurt

Mais quoi ?
Pourquoi faire semblant d'"avoir une vie"
Et risquer à nouveau d'être trahi ?
La société ne me dictera pas sa loi !

Mon confort vaut bien la dictature du paraître
Non, je ne ferai pas semblant d'être heureux
Sur Facebook, Insta et autres réseaux creux
Pas la peine, car je le suis de tout mon être.